Les pathologies du ciment et du béton regroupent l’ensemble des désordres pouvant altérer la durabilité, l’esthétique ou la performance mécanique d’un ouvrage. Elles peuvent apparaître dès les premières phases de durcissement ou se développer progressivement sous l’effet de contraintes chimiques, environnementales, mécaniques ou liées à la mise en œuvre.
Fissures, efflorescences, corrosion des armatures, écaillage, nids de cailloux ou réactions internes sont autant de défauts courants du béton dont les mécanismes sont souvent mal compris. Pourtant, une identification précoce des causes permet d’éviter des réparations coûteuses et des dégradations structurelles irréversibles.
Cette page propose une analyse complète et structurée des principales pathologies du ciment :
Le contenu s’adresse aux professionnels du bâtiment, bureaux d’études, maîtres d’ouvrage et particuliers avertis souhaitant comprendre les désordres affectant le béton et améliorer la durabilité des ouvrages.
Les fissures constituent la pathologie la plus fréquemment observée sur les ouvrages en béton. Elles peuvent être superficielles ou traversantes, isolées ou généralisées.
Ces fissures peuvent compromettre l’étanchéité et favoriser d’autres pathologies secondaires.
L’efflorescence se manifeste par des dépôts blanchâtres en surface du béton ou des mortiers.
L’eau dissout des sels solubles présents dans le ciment. En migrant vers la surface et en s’évaporant, elle laisse apparaître des cristaux visibles.
L’efflorescence est principalement esthétique, mais elle révèle souvent une circulation d’humidité excessive dans l’ouvrage.
La corrosion des armatures en acier est l’une des pathologies les plus graves du béton armé.
La corrosion provoque une augmentation de volume de l’acier, entraînant fissuration, éclatement et perte d’adhérence.
Le spalling correspond à la désagrégation de la surface du béton, souvent accompagnée de pertes de matière.
Ce phénomène affecte la durabilité et l’aspect des ouvrages exposés.
Les nids de cailloux sont des vides internes visibles après décoffrage.
Ils réduisent la résistance mécanique locale et favorisent les infiltrations.
Interaction entre alcalis du ciment et silice réactive des granulats, provoquant une expansion interne progressive.
Réaction entre sulfates et composés aluminates du ciment entraînant la formation d’ettringite expansive.
Une formulation incorrecte favorise retrait, porosité et fragilité.
La majorité des défauts précoces proviennent d’erreurs d’exécution.
Ces facteurs accélèrent les mécanismes de dégradation.
Observation des fissures, dépôts, éclatements, déformations et zones humides.
Un diagnostic précis conditionne l’efficacité des réparations.
| Défaut | Cause principale | Solution |
|---|---|---|
| Fissures de retrait | Cure insuffisante | Cure humide, joints |
| Efflorescence | Migration de sels | Étanchéité, drainage |
| Corrosion | Carbonatation | Réparation + protection |
| Spalling | Gel-dégel | Reprise de surface |
| Nids de cailloux | Mauvaise vibration | Injection, réparation |
Les plus fréquentes sont les fissures, l’efflorescence, la corrosion des armatures, l’écaillage du béton et les nids de cailloux.
Elle est généralement esthétique, mais elle révèle une circulation d’eau pouvant favoriser d’autres dégradations.
Les causes peuvent être le retrait différé, des variations thermiques, une surcharge ou une formulation inadaptée.
Par une formulation adaptée, une mise en œuvre soignée, une cure efficace et un choix de matériaux compatible avec l’environnement.
Oui, si elles sont diagnostiquées correctement et traitées avec des techniques adaptées à leur origine.
Cette checklist permet d’identifier rapidement l’origine probable des défauts du béton avant toute intervention. Elle peut être utilisée en phase d’expertise, de maintenance ou de contrôle visuel préalable.
Indications possibles : retrait, effet thermique, surcharge, corrosion interne.
Indications possibles : mauvaise vibration, cure insuffisante, formulation inadaptée.
Indications possibles : défaut d’étanchéité, porosité excessive, drainage insuffisant.
Indications possibles : carbonatation avancée, pénétration de chlorures.
Ces facteurs accélèrent certaines pathologies du ciment et du béton.
L’historique permet d’orienter le diagnostic vers des causes probables.
À envisager si le diagnostic visuel est insuffisant.
| Catégorie | Point de contrôle | Observation | Indication possible |
|---|---|---|---|
| Fissuration | Présence de fissures visibles | ☐ Oui / ☐ Non | Retrait, effet thermique, surcharge |
| Fissuration | Fissures évolutives | ☐ Oui / ☐ Non | Mouvement structurel, corrosion |
| Surface | Écaillage ou éclatement | ☐ Oui / ☐ Non | Gel-dégel, corrosion interne |
| Humidité | Efflorescences visibles | ☐ Oui / ☐ Non | Migration de sels, infiltration |
| Armatures | Traces de rouille | ☐ Oui / ☐ Non | Carbonatation, chlorures |
| Mise en œuvre | Nids de cailloux | ☐ Oui / ☐ Non | Mauvaise vibration, coffrage |
Plusieurs cases cochées dans une même catégorie indiquent un risque élevé de pathologie associée.
La checklist permet une pré‑orientation du diagnostic, mais ne remplace pas une expertise technique approfondie. En présence de pathologies évolutives, structurelles ou étendues, une analyse spécialisée est recommandée avant toute réparation.